dimanche 16 janvier 2011

Perdre des amis en voyage (2e partie)

Mon histoire en Colombie-Britannique m'a fait réaliser l'importance de choisir avec soin les gens avec qui l'on part en voyage. On ne doit pas choisir quelqu'un simplement parce qu'on s'entend bien avec elle ou lui: ça ne suffit pas. Il existe un univers de différence entre un ami (ou une amie, bien sûr) avec qui on ne fait que boire une bière en regardant le hockey le samedi soir et un ami avec qui on se sentirait confortable même si on se perdait en pleine nuit dans un quartier mal famé d'une grande ville. Un vrai ami peut cadrer dans ces deux contextes: un ami moins proche, non.

Il faut donc choisir un ami (ou plusieurs, si on le désire; les critères restent toutefois les mêmes pour chacun) avec qui on possède un lien fort, presque fraternel. On doit avoir la certitude de pouvoir partager sans heurt avec lui toutes les péripéties imaginables, les meilleures comme les pires. Ce processus de sélection s'avère essentiel, mais plus difficile qu'il ne paraît, car on ne peut pas toujours deviner comment l'autre réagira dans les moments plus déroutants.

Par exemple, on croit avoir bien saisi la personnalité de son ami, mais lorsque survient un évènement désagréable, il ne parvient pas à gérer cet afflux d'émotions brutales et puissantes. Il pique une colère inattendue. Il nous engueule. Il refuse de s'impliquer dans la recherche d'une solution. Il se met à bouder. Il se referme. Peu importe comment il exprime son désarroi, il démontre à ce moment-là une attitude qui peut envenimer davantage un incident déjà trop pénible. Il devient alors facile de développer une vive rancœur envers cet ami, ami que l'on aime et respecte pourtant, en d'autres circonstances. Le fait de voir un être familier sous un jour aussi défavorable peut détruire à jamais l'image qu'on avait de lui. Une fois le respect perdu, l'amitié ne survit habituellement pas très longtemps, car ses fondations ont été brisées.

À mon avis, le seul truc vraiment efficace pour identifier le meilleur choix possible en matière de compagnon de route consiste à effectuer un premier voyage court, près de chez soi, avec la personne avec qui l'on souhaite partir pour une plus longue période. Il faut cependant ne pas avoir d'attentes et garder l'œil ouvert pour détecter les signes qui nous permettront de jauger de la compatibilité entre nous et l'autre. Si tout se passe bien, on pourra raisonnablement extrapoler qu'un périple plus ambitieux se déroulera sans anicroche. Si l'expérience tourne mal, on aura au moins évité de découvrir cette incompatibilité à des milliers de kilomètres de la maison, quand les possibilités de retour d'urgence demandent une logistique plus complexe et des fonds plus importants.

Mais parfois, c'est nous qui réagissons d'une façon médiocre, quand on a l'impression de ne plus avoir d'emprise sur quoi que ce soit. C'est nous qui « pétons les plombs », c'est nous qui nous refermons, qui compliquons les choses, car on se sent dépassé par les évènements. On pose alors des gestes incongrus, on dit des mots regrettables, on rompt le lien de confiance nous unissant à l'autre. Pour prévenir ces écarts, on doit bien se connaître, car être capable de prévoir comment on pourrait répondre à différents contextes permet d'esquiver de fâcheuses surprises. On éprouve par conséquent plus de facilité à reprendre le contrôle de la situation, si nécessaire, on anticipe avec plus d'aisance la résolution heureuse de la crise, car on connait l'éventail de nos réactions possibles et l'ampleur de nos ressources. Cette assurance constitue un outil très précieux, tant pour soi que pour l'autre, qui pourra, au besoin, se fier à nous.

Voyager avec des amis peut s'avérer génial ou catastrophique, selon les cas. Pour avoir vécu ces deux extrêmes, je pense que les observations susmentionnées peuvent servir de critères quand vient le temps de choisir son équipier. La qualité du voyage dépend beaucoup de ce choix, alors il ne faut pas le négliger.

jeudi 13 janvier 2011

Perdre des amis en voyage (1ere partie)

Les gens voyagent pour goûter à des expériences enrichissantes. Je ne connais personne qui voyage pour délibérément vivre des moments atroces. Par contre, les aléas du quotidien peuvent gâcher le plan qui avait été préparé: la pluie qui vient ruiner un séjour à la plage; un vol d'appareil photo qui emporte les souvenirs précieux; un malencontreux épisode de gastroentérite qui empêche la participation à une randonnée en montagne. Certains de ces aléas ne sont que des évènements uniques, ponctuels. Il est alors plus facile de passer par-dessus. Toutefois, quand plusieurs imprévus consécutifs viennent bouleverser les projets, le voyageur peut éprouver une vive frustration qui altèrera le reste de son périple. Et quand le voyageur se promène avec d'autres individus, cette frustration peut avoir de sérieux impacts sur les relations entre eux.

En 1999, je suis parti en Colombie-Britannique avec trois amis pour travailler tout l'été dans les plantations d'arbres fruitiers de la vallée de l'Okanagan. Or il y eut un gel tardif, phénomène qui n'avait pas frappé la région depuis près de cinquante ans, selon les habitants du coin. Par conséquent, on a dû trouver un plan B, et vite, car on ne possédait que très peu d'argent. On a finalement décidé d'acheter une voiture et de se rendre à Whistler, où travaillait un de nos amis. On comptait sur son aide pour y dénicher un emploi. Après environ une journée de recherche dans les rues d'Oliver et grâce à l'aide d'un bon samaritain qui nous a accompagnés dans nos démarches, on a acheté une Ford Mustang 1978 pour 500 $. Elle avait de la gueule, cette bagnole. On a aussitôt été régler les questions d'assurances et on a ensuite foncé vers Whistler. On y est arrivés vers 5 h du matin, à cause notamment d'une crevaison en bordure de Vancouver. On a alors retrouvé notre ami, dormant dans sa voiture, dans le stationnement numéro 4 (une sorte de terrain de camping non officiel bien connu des routards). Il était étonné mais heureux de nous voir. Quelques heures plus tard, on a été rencontrer sa patronne et elle nous a embauchés sur-le-champ pour effectuer de l'entretien de chambres d'hôtel.

Le boulot n'était pas si mal et on faisait à ce moment-là du camping dans plusieurs lieux autour de la ville. Mais après la destruction d'une de nos tentes par un ourson, on a déterminé qu'on ne tenait vraiment pas à tomber sur sa mère. On a ainsi abouti à notre tour dans le fameux stationnement numéro 4.

Ces conditions de vie me convenaient malgré tout, car à mes yeux, un voyage doit comporter son lot de rebondissements. Apparemment, mes amis ne partageaient pas ma philosophie. Au fil des jours, l'atmosphère entre nous devenait invivable. Je sentais que je devais décamper. J'étais cependant déchiré entre la raison qui me commandait de rester avec eux et l'intuition qui me poussait à agir. Je me doutais que je les perdrais si je partais, mais j'avais l'impression que j'allais être plus heureux à la maison. Je les ai donc abandonnés après seulement un mois. Je suis revenu au Québec sans plan, sans travail et sans argent. Une semaine plus tard, j'ai trouvé un emploi dans une épicerie près de chez moi et j'y ai travaillé pendant un an et demi. J'ai effectivement perdu mes amis, mais en fin de compte, je savais que j'avais pris la bonne décision.

Quatre ans plus tard, j'ai rencontré l'un d'eux par hasard sur le site du festival Woodstock en Beauce. On a alors discuté de notre voyage. Il m'a avoué qu'il m'en avait voulu de les avoir quittés, mais qu'avec le recul, il avait compris pourquoi j'avais agi de la sorte. Il m'a expliqué que la situation à Whistler ne s'était pas améliorée au cours des semaines suivantes et qu'il avait passé un été plutôt lamentable, et ce, même s'ils avaient loué un chalet - avec neuf autres personnes - après mon départ. On a fait la paix cette nuit-là. Quant à mes deux autres amies, je n'ai revu que l'une d'elle, une fois. Elle était venue chez moi pour m'emprunter mes photos de voyage, car elle en voulait des copies. Naïf, je lui ai prêté photos et négatifs. Elle ne me les a jamais ramenés et elle a disparu de ma vie.

samedi 8 janvier 2011

Instinct voyageur

Toujours à l'affût de nouvelles sources d'information, j'ai découvert Instinct voyageur, un site francophone créé par Fabrice Dubesset, un historien et documentaliste français. Avec une indéniable ferveur, il y promeut le voyage indépendant, à petit budget, car il croit que cette façon de voyager est la plus enrichissante qui soit. Je suis bien d'accord avec lui là-dessus.

En plus de regrouper les récits de plusieurs périples que son auteur a effectués au fil des ans, Instinct voyageur se divise en plusieurs catégories, telles que « En plongée », « Sur la route », « Vie nomade » et « Voyage pratique ». Fabrice aborde des sujets tant personnels (« Pourquoi je voyage? ») que technologiques (« Le Lumix TZ8: le compact idéal pour le voyage ! ») que logistiques (« 7 moyens d’économiser de l’argent au quotidien pour voyager »). Cette variété rend le site plus pertinent pour un plus grand nombre de gens, car il peut intéresser des lecteurs aux passions multiples. Elle reflète aussi les divers intérêts de Fabrice, comme le voyage (évidemment), la plongée sous-marine, la moto, la photographie, la vidéo. Vous trouverez également de nombreuses photos et vidéos des lieux où il a séjournés, des entrevues avec d'autres voyageurs, des statistiques du site, de même qu'une boutique où vous pouvez vous procurer des livres sur le monde des voyages.

Instinct voyageur n'en est qu'à ses débuts et il deviendra plus étoffé avec le temps. Je vous le conseille tout de même dès maintenant. Après tout, il n'y a jamais trop de ressources francophones sur le sujet.

jeudi 6 janvier 2011

Chris Guillebeau à Montréal le 15 janvier

Sur ce blogue, j'essaie de ne pas trop commenter l'actualité, car je préfère un contenu dont la pertinence survit au temps. Mais je ne peux passer sous silence cette excellente nouvelle: Chris Guillebeau, le plus connu des « travel hackers » et technomades de ce monde, sera de passage à Montréal le 15 janvier prochain, dans le cadre de la tournée de promotion pour son livre The Art of Non-Conformity: Set Your Own Rules, Live the Life You Want, and Change the World. Il sera à la librairie Indigo de la place Montréal Trust, à 15 h. Ce sera donc une occasion en or pour quiconque souhaite rencontrer l'homme qui a visité près de 150 pays et inspiré toute une communauté à adopter un mode de vie non conventionnel et enrichissant. Inscrivez-vous ici.

dimanche 2 janvier 2011

Mes plans pour 2011

Depuis 2006, j'effectue au moins un voyage hors du Québec par année. Ainsi, en juin 2011, je prévois aller à Cuba. Je veux essayer l'expérience d'un centre de villégiature tout inclus, savourer le farniente sur une plage de sable chaud, replonger les pieds dans des eaux turquoise, explorer La Havane, goûter l'intensité d'une culture latino-américaine. Mes plans devraient se confirmer vers le mois de mars. Il se peut toutefois qu'ils changent d'ici-là, pour diverses raisons. Après tout, l'an dernier, j'avais d'abord envisagé la possibilité de me rendre en Équateur. Eh bien, j'ai finalement déposé mon sac à dos en Bulgarie, en Espagne et en Turquie. J'avais réalisé que j'éprouvais un intérêt plus vif pour Istanbul que pour Quito. Mais peu importe la destination que je choisirai, une chose est certaine: je relaterai mes péripéties sur ce blogue.